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Asphalt Jungle, Bijou, Métal Urbain : trois nuits de mars 1977 au verso d’une affiche

1977.03.14-Asphalt-Jungle-Affiche02 Asphalt Jungle, Bijou, Métal Urbain : trois nuits de mars 1977 au verso d’une affiche
Affiche / Collection : Suzy / Numérisation par David Euthanasie

Il y a des documents qui ressurgissent comme des bouteilles jetées à la mer. Celui-ci est de ceux-là. Une simple affiche de concert, pliée, cornée, mais au verso… trois pages manuscrites datées de mars 1977. Une amie – appelons-la Suzy – avait reçu ces chroniques envoyées du cœur de la nuit parisienne, quand le punk français balbutiait ses premiers riffs.

L’affiche : Asphalt Jungle au Théâtre Oblique

Le recto plante le décor. Asphalt Jungle, groupe éphémère et incandescent, joue chaque lundi soir au Théâtre Oblique, rue de la Roquette. Mars et avril 1977 : la capitale bruisse des premières secousses punk. En lettres massives, le nom du groupe, flanqué du logo Cobra, ce label précurseur. En bas, l’annonce des dates, griffonnée à la main comme on inscrivait un rendez-vous vital : 14, 21, 28 mars, et le 4 avril.

Le verso : trois chroniques à chaud

C’est pourtant le verso qui fait toute la magie. Trois feuillets d’écriture serrée, nerveuse, comme pris sur le vif.

  • 19 mars, Golf Drouot : Bijou est là, Gaëtane aussi. On attend, on fume, on scrute. L’auteur décrit l’ambiance, les regards, les postures. Il y a une Polaroid « Pocket », quelques clichés volés, et l’impression d’assister à une effervescence fragile.
  • 21 mars, Théâtre Oblique : Asphalt Jungle est sur scène, aux côtés de Mary Ray. Le ton est plus précis : set-list, énergie, détails de scène. On y croise Jean-Yves, des regards échangés, des présentations en coulisses. Et surtout la rencontre tant attendue avec les gars de Métal Urbain, figures déjà fantasmées.
  • 22 mars, Gibus Club : soirée Asphalt + Métal Urbain. L’écriture devient plus haletante. On y lit les hésitations, les courses entre salles, les rencontres fortuites avec les habitués. Le narrateur capte l’ambiance d’une poignée de fidèles, là où tout se joue en marge de la grande histoire du rock.

Une mémoire vivante

Ces notes ne sont pas des articles de presse, encore moins des comptes rendus « objectifs ». Ce sont des éclats de mémoire, une correspondance entre amis, un récit intime de ce que représentait sortir à Paris en 1977 quand l’électricité punk se propageait dans les caves et les clubs. On y sent les corps serrés, les clopes, les blousons, les guitares saturées et les regards complices.

Quarante-huit ans plus tard, ces pages sont un témoignage brut, improbable et précieux : l’histoire du rock français ne se trouve pas seulement dans les disques et les archives officielles, mais dans ces bouts de papier griffonnés, ces souvenirs confiés à la marge.

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