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Le P’tit Rouge de Touraine n°4 (01/03/76)

Sommaire

Titre : Le P’tit Rouge de Touraine n°4
Paru le : 1er trimestre 1976
Directeur de la publication : Dominique Mureau
Édité par : Éditions de la Grappe – 10 rue Jean-Macé, Tours
Collaborateurs : [non mentionnés dans l’image]
Couverture : [non précisée]
Sommaire : [non précisé – à compléter selon le contenu du numéro]
Imprimerie : Vincent, Tours
Numérisation : David Euthanasie

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Document : Le P’tit Rouge de Touraine, 1er mars 1976 / Collection : Alain Gaschet / Numérisation par David Euthanasie

PEUR SUR LA VILLE

SAMEDI 17 JANVIER …18h. 55…
2 individus ouvrent la porte du sex-shop « Sadissimo » rue du commerce et lancent à l’intérieur un cocktail-Molotov. Les deux vendeuses présentes arrivent à éteindre l’engin avant qu’il n’explose. L’un des agresseurs portait un casque intégral noir mat.
DIMANCHE 18 JANVIER .3h.du matin.
La vitrine du sex-shop 82 rue Colbert vole en éclats: les mêmes récidivent.
LUNDI 19 JANVIER La N.R. nous apprend qu’il s’agit de la première intervention publique du groupuscule fasciste: « Citadelle » (ainsi nommé pour glorifier un haut fait d’armes nazi).
MARDI 4 FEVRIER….23h.15….. au théâtre De l’Université, où se produit le théâtre de la Carriera, c’est l’entracte. Une quarantaine de personnes discutent dans le hall. Soudain 3 coups de feu claquent, à hauteur d’homme (1m80, 1m20,0m90) Ils auraient pu TUER. Fort heureusement, personne ne se trouvait sur la trajectoire des projectiles. On s’aperçoit très vite que le tireur, placé en contrebas dans la rue, tirait dans un hall éclairé, sur des silhouettes, et il semble qu’il ait ajusté son tir.
LA MEME NUIT….. Des inscriptions anonymes étaient tracées sur la faculté menaçant nominativement un collaborateur du p’tit rouge. (ces inscriptions sont faites à la peinture fluorescente rouge, nous verrons plus loin que ce détail a son importance.)
LUNDI 9 FEVRIER 22h…….. Une douzaine de militants de la LCR. sont réunis dans une salle de la faculté, quand un commando de 7 membres fait, irruption, masqués, et arborant fleurs de Lys et croix celtiques sur leurs casques (l’un d’eux portait un intégral noir… tiens, tiens!) Armés de fléaux japonais, ils blessent à la tête l’ un des militants, avant de s’enfuir.
LA MEME NUIT…… On voit refleurir sur les murs de la fac des inscriptions « Assassinons les marxistes », « Krivine a Dachau », vidangeons les facs ». Sur la banque qui fait face à la faculté, le sigle « g » est tracé ainsi que le mot « citadelle”. Là encore, à la peinture fluorescente rouge. Cette agression a été dénoncée par un certain nombre d’organisations syndicales et politiques dans un communiqué de presse.
Ce communiqué dénonce, en outre, la passivité (une fois de plus) de la police qui, présente sur les lieux, n’est pas intervenue.
Citons pour finir les menaces dont a fait l’objet le concert de M. Leforestier (voir à l’intérieur).
Tout le monde s’accorde à penser que ces 3 attentats sont le fait des mêmes individus. Si l’on se réfère à des agressions passées, on s’aperçoit que le milieu d’extrême-droite d’où ils émanent, ne comporte que peu d’éléments actifs, et dont la plupart sont connus des services de police. On est donc en droit de s’interroger sur l’immunité dont ils jouissent. Doit-on voir là derrière quelque haute protection ?
Pour notre part, nous pensons que ces faits sont particulièrement graves. En effet, pour la première fois, ils auraient pu tuer aveuglément. Il est probable que des actions seront prochainement entreprises pour informer le public, et mettre un terme à de tels actes. D’ores et déjà, depuis la dernière agression, des noms circulent La police ne peut les ignorer, de même que nous ne les ignorons pas. Il n’est pas de notre ressort de nous substituer à la police. Il n’entre pas non plus dans les buts que nous nous sommes fixés de nous poser en « justiciers », encore moins de jouer à la « guéguerre ».
Il n’en reste pas moins que, face à des individus qui peuvent devenir dangereux pour n’importe qui, nous nous devions de prendre position d’une façon claire. Il nous reste à dénoncer le mépris du « journal » à Mr. Royer,: L’Espoir, qui n’a pas daigné se déplacer jusqu’à la conférence de presse organisée dernièrement à la Faculté, ainsi que son silence total sur ces agressions. Notre conception de l’information est toute autre, et elle passe par un appui inconditionnel aux actions entreprises pour dénoncer ceux qui, dans l’ombre du pouvoir, tentent d’ imposer l’Ordre de la Terreur.
Pour revenir aux attentats; le Mercredi 18 février, la MJC de Joué les Tours accueillait Maxime Leforestier au palais des sports de Joué.
Ce spectacle aurait eu de bonnes raisons d’être l’objet d’un acte de terrorisme, fort heureusement il ne le fut pas. Devant cette éventualité une protection de la préfecture avait été prévue et un dispositif anti-panique, constitué par un groupe de volontaires. Tout cela n’a servi à rien, ce qui porte à penser que les fascistes n’interviennent pas à découvert qu’il ont besoin de l’ombre pour imposer leur terreur.

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