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Bazooka

Paris (75) // 1974 – 1978 // collectif de graphistes

: Christian Chapiron (Kiki Picasso), Jean-Louis Dupré (Loulou Picasso), Olivia Clavel (Electric Clito), Lulu Larsen, Bernard Vidal (Bananar) et Jean Rouzaud.


Article de Marjorie Alessandrini sur le collectif graphique Bazooka, décrit comme les « premiers punks de la B.D. ». Leur publication Bulletin Périodique vient d’être interdite aux mineurs, signe de leur réputation sulfureuse. L’article rappelle leur intérêt pour la scène punk et new wave (Sex Pistols, Devo), mentionne leur collaboration avec Libération et annonce un projet de mensuel grand format réunissant 32 dessins inédits chaque mois.

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Document : Rock’n’folk, avril 1978 / Auteur : Marjorie Alessandrini / Collection : Fred Moulin / Numérisation par David Euthanasie / Nom de fichier : 1978.04 Rock’n’folk 135 (Fred Moulin)PRE0151.jpg


Planche extraite de la série « Les Animaux Malades » de Loulou Picasso et Kiki Picasso, publiée par le collectif Bazooka. Sous le titre Gloria Spontex ou la chute de Pékin, ce dixième épisode poursuit l’univers graphique radical et politique du groupe, marqué par une esthétique noire et blanche incisive et des récits fragmentés.

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Document : Gloria Spontex ou la chute de Pékin – Les Animaux Malades n°10 / Auteur : Loulou Picasso, Kiki Picasso / Collection : Fred Moulin / Numérisation par David Euthanasie / Nom de fichier : Bazzoka (Fred Moulin)PRE118.jpg


Bio (Wikipédia)

Bazooka se forme en 1974 aux ateliers graphiques des Beaux-arts de Paris autour de Christian Chapiron (Kiki Picasso), Jean-Louis Dupré (Loulou Picasso), Olivia Clavel (Electric Clito), Lulu Larsen, Bernard Vidal (Bananar) et Jean Rouzaud.
Y participe plus sporadiquement Ti5 Dur (Philippe Bailly).

Après des publications des membres dans Actuel, le premier collectif édité par Bazooka, début 1975, est Bazooka Production, aussitôt suivie de Loukhoum Breton, d'Olivia Clavel, puis des fanzines Bien dégagé autour des oreilles et Activité sexuelle normale. Ils lancent en 1976 Bulletin périodique, revue régulière et plus luxueuse, interdite aux moins de 18 ans. Elle connaît sept numéros. En 1977, Futuropolis leur ouvre les portes de la collections 30/40. Parallèlement à leurs fanzines et revues, le groupe investit entre 1976 et 1978 de nombreuses revues de bande dessinée ou d'humour (Surprise, Charlie Mensuel, L'Écho des savanes, Métal hurlant, Hara-Kiri, etc.), réalise des pochettes de disques pour Elvis Costello, Extraballe, T. G., James Chance ou encore Starshooter et travaille dans la publicité.

Leurs travaux participent principalement du collage d'images d'origines diverses (actualité, archive, art, bande dessinée), retravaillées avec diverses techniques (dessin, peinture). Cependant, la technique, poussée à l'extrême (L.L. de Mars, évoque un « collage de collages »1), et ce foisonnement de signes permet la création d'œuvres ambigües laissant au lecteur, au spectateur, toute liberté d'interprétation. Bazooka, pour avoir ainsi poussé à l'extrême le principe de subversion[Mal dit] par le dessin (Chapiron invente le terme de « Dictature graphique »), est associé très rapidement au mouvement punk naissant. Le groupe a également publié des bandes dessinées (Clavel et Rouzaud principalement) et dessins (Loulou Picasso) plus classiques. La provocation se double d'un grand souci esthétique, exigence qui vaut à Rouzaud, accusé de trop de conformisme, d'être exclu du groupe en 1976.

Leur célébrité vient cependant de leur collaboration avec Libération. Contactés en 1977 par Serge July pour illustrer le journal, ils appliquent à l'actualité les mêmes méthodes de détournement et de contestation qu'envers l'art dans leurs productions précédentes, selon leur désir d'investir les médias pour « y foutre la merde » (Olivia Clavel). Faisant face aux réticences de plus en plus grande de la majorité de la rédaction du journal, le groupe arrête sa participation directe. Cependant, Libération édite à partir de février 1978 Un Regard moderne2, mensuel d'actualité remarqué dès lors pour sa qualité et son caractère innovant3, ainsi que pour ses provocations, comme lorsqu'ils proposent dans le numéro du 5-6 novembre 1978 un dessin pédopornographique dans la page d'annonce « Taules »4. La lassitude des trois leaders du groupe et les problèmes suscités par leurs provocations conduisent à l'arrêt de l'expérience en août après six numéros. Si les principaux membres du collectif sont alors individuellement assez connus pour continuer à essaimer les revues, le groupe commence à disparaître.

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