Bulldozer
Paris (75) // 1977 – 1979 // Punk-rock
- 1977 : Gérard Pisani « Gerry Zipanar » (guitare et chant : Martin Circus, Tartempion), Lolita Carabine (guitare : Extraballe), Jérôme Boche (basse), Monica Baston (batterie), Émile Palfium (chœurs : Big Bazar).
- 1979 : Gérard Pisani « Gerry Zipanar » (guitare et chant : Martin Circus, Tartempion), Paul-Jean Borowsky (Martin Circus), Bob Brault (Martin Circus).
En 1976, Gerard Pisani vient de quitter Martin Circus, Fort du succès de “Je m’éclate au Sénégal” qu’il a écrit, il signe en solo contre une énorme avance chez Phonogram son single “Sidney”. Contre toute attente, le disque fait un flop et Gérard se retrouve prisonnier de ses dettes et de cette encombrante avance qu’il doit désormais rembourser. Il est dans l’impasse, pour rebondir et court circuiter Phonogram, Gérard se rebaptise Gerry Zipanar ( Anagramme de son vrai nom) et lance le projet Bulldozer en rupture totale avec ce qu’il faisait auparavant. C’est le magazine Actuel, premier journal de Free press à la française, de Jean-François Bizot qui lui sert d’inspiration et non “Ca plane pour moi” qu’il considère trop gadget et inoffensif. Gérard souhaite quelque chose de davantage outrancier et subversif. Il désire faire un album punk qui tourne en dérision le folklore punk qu’il trouve grotesque. Il va chez sa sœur et enregistre à la guitare sèche tout un album puis démarche les labels. Chez RCA, le directeur artistique Bob Socquet est séduit et décide de sortir aussitôt un album. Le disque est enregistré en 36 heures, arrangements inclus, par une bande de jeunes musiciens choisis par Gérard qu’il a baptisé de pseudonymes débiles (Emile Lulu Palfium, Jérôme Boche, Lolita Carabine, René Moulinot) pour authentifier davantage le projet. Des chants nazis ( provocation oblige !) ouvre J’suis punk, et le riff de guitare reprends le gimmick joué à l’envers de Satisfaction des Rolling Stones. L’album sort et il est plutôt bien accueilli. Beaucoup de médias suivent le projet qu’ils trouvent hilarant mais dans les milieux punks le succès tout relatif et opportuniste de ce disque ulcère. Lors de l’un des rares concert du groupe au Gibus, les punks viennent leur cracher à la gueule et leur balancer de la bière estimant qu’ils ne sont pas légitimes… Quoiqu’il en soit l’album a suffisamment bien marché pour que RCA accepte d’en sortir un second. Gérard décide alors de mieux le produire, de conserver une certaine virulence dans les textes mais moins dans la musique pensant que le public le suivra. Mais ce n’est plus du punk, et le public boude ce nouvel album intitulé des “Gamelles et des bidons” (1979). L’échec de l’album marque la fin de l’épopée Bulldozer et Gérard Pisani va se consacrer à d’autres projets (Belle Planête, etc…) mais c’est une autre histoire. Born Bad Record