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« Rock contre la police » (12/03/83)

Un concert sauvage organisé dans une usine désaffectée à Aubervilliers dégénère en affrontements violents entre jeunes rockers et forces de l’ordre, entraînant incendie de véhicules et plusieurs blessés.

  • Date de l’événement : 12/03/1983
  • Acteurs participants : Panik, Lucrate Milk, La Souris Déglinguée, Wunderbarch, Chihuahua, No Fuck Bébé, Leitmotiv, Guernica…
  • Salle : Usine désaffectée à Aubervilliers
  • Organisateur :
1983.03.12-FLn "Rock contre la police" (12/03/83)

Document : Flyer / Collection :


Document : Panik 12/03/83 / Collection : Panik / Numérisation par David Euthanasie


1983.03.14-Le-Parisien-Eric-SionneauPRE-1024x881 "Rock contre la police" (12/03/83)

Document : Le Parisien, 14/03/1983 / Collection : Éric Sionneau / Numérisation par David Euthanasie

Un concert sauvage dans une usine désaffectée d’Aubervilliers a dégénéré en combat de rue

Rockers contre policiers

Un commissaire divisionnaire blessé, une voiture de police incendiée, une autre détruite, le concert rock de samedi à l’usine désaffectée à la limite d’Aubervilliers de La Courneuve n’a pas déçu son public. Il faut préciser que les organisateurs de la manifestation avaient mis toutes les chances de leur côté. Ils avalent baptisé leur petit intermède musical gratuit : « Rock contre la police. »

Tout avait bien commencé pourtant, les « clients » étaient venus nombreux, heureux d’exhiber leurs magnifiques cheveux verts, rouges ou violets, et les pendeloques dont ils avaient affublé leurs vestons étriqués. C’était « leur » matinée « rock, punk, funk, reggae ». Et ils étaient arrivés dès 13 heures. « Si tôt que j’ai été obligé de fermer », regrette le cafetier à l’angle de la rue Jollois qui déplore « la perte de sa meilleure journée de travail ». C’est que la bière est vite venue s’ajouter à la musique pour tenter de satisfaire les jeunes mélomanes venus écouter « Neg Soweto », « la Souris déglinguée », « Guernica », « No Fuck Bebe », « Panik » et « Intestinal Reject ».
« Ça a été tout de suite si violent, raconte un voisin dont la fenêtre, au rez-de-chaussée, donne sur l’usine désaffectée (dont personne ne se souvient plus à quoi elle pouvait bien servir), que je me suis barricadé chez moi. Je n’ai plus osé sortir de l’après-midi. Je m’étais bien douté en voyant les affiches que cela n’irait pas tout seul. »
L’affiche, à elle seule, était tout un programme. Entre l’annonce du concert gratuit, la date et le titre, un très joli dessin montre quatre jeunes gens qui bourrent de coups de pied, défoncent, arrosent d’essence une voiture noire et blanche sur laquelle s’étale le mot police.

Cocktail Molotov

« Nous avions remarqué cette manifestation à travers les affiches qui l’annonçaient, expliquent les policiers, mais nous ignorions où elle devait se dérouler. Ce n’est qu’au dernier moment que nous avons su, en suivant le fléchage mis en place que nous avons trouvé l’usine. « 
Des gardiens restent pour assurer la circulation. L’après-midi se déroule à peu près normalement, mais vers 18 heures « les organisateurs, qui sentaient que l’atmosphère devenait plus pesante, ont décidé de raccourcir la manifestation, précisent les policiers. Aussitôt, la situation a dégénéré. Les jeunes gens lançaient des bouteilles de bière sur les voitures en stationnement…“
Appelé en renfort, le commissaire divisionnaire Fourcadier arrive: « Il y avait des types déchaînés. A la vue de ma voiture certains se sont mis à hurler, d’autres me menaçaient du poing, jetaient des bouteilles vides, soudain mon pare-brise a éclaté : c’était un cocktail Molotov. La voiture s’est enflammée, je suis sorti… » C’est à cet instant que le commissaire a reçu une bouteille en pleine tête, qui ne l’a pas empêché de continuer son travail.
Vers 20 h 30, tandis que sept personnes étaient emmenées (un garçon était encore gardé), le préfet, M. Aurousseau venu sur place, pouvait constater que tout était rentré dans l’ordre.
A PARIS, quelques heures plus tard (dimanche 4 h 30), c’est un poste de police du quartier Charonne qui a été attaqué au cocktail Molotov. Un incendie s’est aussitôt déclaré dans l’immeuble vide la nuit. Les pompiers ont mis deux heures pour éteindre le feu qui a provoqué d’importants dégâts.


1984.03.14-Liberation-Yves-LecarpentierPRE-893x1024 "Rock contre la police" (12/03/83)

Document : Libération, 14 mars 1984 / Auteur : S.V. / Collection : Yves Lecarpentier


Document : Police Nationale – SIPN, 05/1983 / Collection : Éric Sionneau / Numérisation par David Euthanasie

Rock… contre la Police

Le 1er mars 1983 sur la commune d’Aubervilliers s’est déroulé, malgré son interdiction, un concert de rock ayant pour thème: ROCK… CONTRE LA POLICE: Rassemblement naturel de tous ceux qui veulent casser du “flic”…
A la fin de ce tintamarre, certains de ces parasites n’ont pu que se défouler sur tout ce qui représentait l’ordre public. Insultant dans la rue deux de nos collègues qui comme d’habitude perdaient leur temps à garder le Consulat Algérien. Nos collègues pour seul moyen de transmission, étaient dotés d’un P.P.C. qui ne fonctionnait pas…
Ils se sont déchaînés ensuite comme les incitaient leurs minables affiches à détruire un véhicule de Police et blessant ensuite le commissaire divisionnaire qui s’efforçait de ramener le calme dans le quartier. Souhaitons que les organisateurs de cette pagaille et de cette incitation à la violence seront poursuivis.

Le Secrétaire Départemental Claude MATHIEU

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