Zone Libre n°5 (02/72)
Sommaire
Titre : Zone libre n°5
Paru le : 02/1972
Directeur de la publication :
Editer par : Zone Libre – Journal des lycéens en lutte de Grandmont
Collaborateurs : rédaction lycéenne collective
Couverture :
Numérisation : David Euthanasie
Document : Zone Libre n°5, 02/72 / Collection : Fonds Mureau – Médiathèque de La Riche / Numérisation par David Euthanasie
EDITO
Dans ce numéro, Zone Libre fera peut-être scandale. Il fait l’apologie de la « pornographie » et se prépare à faire aussi l’a- pologie de la drogue dans un proghain numéro. Heureusement, notre proviseur, par ses interventions à la table ronde de la Nouvelle Répugnante du jeudi 16 décembre 71 à propos des mœurs, de l’é- Qui, ducation, de la drogue et de La censure, nous soutiendra. En effet, aurait pu juger Monsieur Charpentier comme un défenseur acharné de la liberté sexuelle ?
M. Charpentier s’oppose aux tabous, aux mensonges en matière sexuelle: « Moi, la mini-jupe, ça ne me fait ni chaud ni froid; ça sent ridicule et il y a des spectacles qu’il faudrait mieux cacher (…) (Mais) ce que je trouve pornographique, ça n’est pas la minijupe, c’est la jupe longue, fendue jusqu’en haut pour tromper « sur la qualité de la marchandise » et faire juger sur de faux aperçus ».
Nous, nous n’assimilerons pas le sexe feminin à « une marchandise ». Nous ne sommes sans doute pas aussi libérés que M. Charpentier qui considère les femmes comme des putains.
Mais M. Charpentier est encore plus extrémiste dans son analyse du lycée. Il nous prend pour une minorité minorité organisée – l’ennemi » dira-t-il pendant une réunion de professeurs le mardi 25 janvier – qui cherche à miner l’Ordre en instaurant la liberté immédiate. Pour cela, nous aurions une “tactique” qui serait celle de la « guerre révolutionnaire » (mais si, Charpentier l’a dit !).
Bon, fini le délire. Ce ne sont pas les élèves, fugueurs ou atteints d’autres maladies engendrées par le manque de liberté, qui ont besoin d’un psychiatre, mais bien Charpentier lui-même. Hélas, ce délire n’est qu’une exagération de la politique faite par le pouvoir. Quand Charpentier affirme dans la Nouvelle Répugnante du 16 décembre: « C’est là peut-être avec des jeunes qui sont désaxés par des agitateurs comme ça (des profs genre M. Clavel), que la drogue trouve un champ magnifiquement préparé pour s’exercer », Charpentier ne fait que répéter les termes de son maître à penser Marcellin qui a déclaré dans la Revue des 2 mondes du 4 décembre : « les vrais responsables de l’extension de la toxicomanie juvénile, il faut les chercher parmi les maîtres à penser qui, depuis 3 ans et plus, s’emploient à affaiblir le ressort moral de la jeunesse (…)”
Ces maîtres à penser sont évidemment les professeurs. Que nous soyons des guérilleros de la guerre populaire ou des drogués manipulés par nos profs, il y a toujours une constante, le complot savamment préparé. Ca rappelle vaguement les complots des « Sages du Protocole de Sion » que s’imaginaient aussi les nazis et autres antisémites.
Mais il ne faut pas croire que les déclarations aberrantes des représentants du pouvoir sont le fait de ridicules personnalités séniles du corps enseignant ou policier. Elles servent une politique qui vise à débarrasser la new-société de ses trublions profs et élèves contestataires entre autres. Evidemment, elles cachent la réalité. Notre but est autre que celui que nous donne le pouvoir : DETRUIRE LE SYSTEME D’ENSEIGNEMENT ACTUEL. Les moyens sont aussi simples: faire une révolution et non pas jouir dans un coin, en comptant des champignons roses et bleus grâce à du L.S.D.
