Creeping Jesus, Cascade (25/02/71)
+ Cinéma le Rex au 43 rue Nationale à Tours (37000)
- Date de l’événement : 25/02/1971
- Acteurs participants : Creeping Jesus, Cascade, Dream (annulé), Jerry Shake, J.-P. Lestrat, Michel Quentin, Joël Thomas, Alain Blanchard
- Organisateur :
CREEPING JESUS et CASCADE à TOURS
Tours, le 25 février. – Expérience réelle ou non de démocratisation du pop, l’entrée à 5 F constitua sans nul doute un prétexte favorable à l’occupation massive des fauteuils du Rex.
A l’affiche de cette soirée, Creeping Jesus, Cascade et Dream. Autant dire sans plus tarder que l’absence de Dream ne sera pas la moindre des chimères !
Un groupe « sans nom », si l’on en croit le présentateur, assura donc la première demi-heure de spectacle. Sobre, non sans quelque intérêt, leur brève prestation aurait sans doute mérité mieux que les simples applaudissements polis du public.
Cascade, dès l’ouverture du grand rideau blanc, suscite un indéniable intérêt. Au sein d’un étrange univers crépusculaire zébré d’éclairs, de rouge et de noir, Jerry Shake, contorsionniste accompli, implore on ne sait quelle divinité sioux ou cheyenne. Hélas, la mauvaise sono aidant, ses qualités vocales n’atteignent guère à la hauteur de sa prestation scénique. Toutefois, formé depuis décembre, J.-P. Lestrat (basse), Michel Quentin (batte- rie), Joël Thomas (guitare) et Jerry Shake (chant), constituent avec Cascade un groupe qui est en droit d’attendre quelques bons succès à venir, hors des cadres locaux. Dommage que l’excellente impression du début s’étiole quelque peu au long des successives interprétations. Sa prime jeunesse justifie sans doute sa relative inexpérience.
Mais enfin l’intérêt va croissant, et si l’on en juge par l’applaudimètre, Creeping Jesus constitue indubitablement la référence de la soirée. Harris « Light my fire », l’influence de Santana se fait sentir tout au long du répertoire qui oscille entre l’interprétation de quelques-uns de ses morceaux, et celle de leur propre composition…
Assurément, le « remake » lui va beaucoup mieux que la composition. Seul, « Cree- ping on the Sand » semble sortir du lot. Encore que… par instants, l’on semble flirter avec le déjà fait, la guimauve du bord de mer! Positivement soutenue par les drums, gong et autres, cette formation de sept musiciens constitue un ensemble bien structuré. Et ce n’est pas désagréable. Une individualité marquante toutefois : Michel, le chanteur, dont certains gestes ne sont pas sans rappeler à certains moments, Joe Cocker (!…). Une voix qui passe à merveille ! Une conviction communicative !
… Et puis la tête d’un flic émerge à travers le rideau de gauche. Le présentateur salue puis explique : « Les gendarmes sont venus, on fait trop de bruit dans le quartier ! ».Alain BLANCHARD (correspondant à Tours pour Best).